mercredi 16 novembre 2011

Iznogoud

Suggérer, dans le monde du marketing, c'est implanter une idée dans un esprit pour le guider à faire des choix agréables, sans suspecter de manipulation. Nous obtenons un client satisfait et au plaisir contagieux. Le graal du marketing! Comment y arriver?

Un article d'Yseulis Costes, brillante co-fondatrice de 1000mercis.com, professionnelle et spécialiste du marketing, nous détaille à l'occasion de l'anniversaire de l'e-mail, l'histoire de ce canal de communication et de son évolution à travers les âges son omniprésence et ses futures avancées… Déception: une trouvaille vieille de 40 ans que l'on continue à presser faute d'une plus fertile imagination.

Combien d'e-mails envoyez-vous hors contexte professionnels? Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez ouvert un e-mail publicitaire qui a passé votre filtre anti-spam? L'e-mail, c'est bon pour les dinosaures qui ont certes décidé de jouer les prolongations au boulot, mais seulement au boulot.

J'en étais là de mes réflexions lorsque j'en suis arrivé à penser que mes choix m'ont finalement souvent été "suggérés" par un tiers de confiance, une personne qui n'est pas toujours présente à mes côtés ou joignable et on ne sait d'ailleurs même pas si quelqu'un de notre réseau saurait répondre et même s'il y'en avait, on hésiterait à le déranger. Quelle alternative? Facebouc, touiteur les foromes? Mouais…

Imaginez une sorte de conseiller omniprésent, chuchotant à votre oreille au moment précis où un choix s'impose, en fonction de vos goûts, de votre culture ou de votre humeur: cadeaux, livres, immobilier, placements, vacances… Le google d'avant guerre laisserai place au bon vizir personnel, tout-puissant auprès de qui les annonceurs se bousculeraient pour s'accorder ses faveurs. Je souriais à mes divagations en pensant aux romans d'Assimov, au scénario d'I-Robot ou au célèbre petit personnage enturbanné créé par Goscinny, lorsque je suis tombé quelques jours plus tard sur une révélation du genre qui nous réconforte sur le fait que nos cogitations ne sont pas le résultat d'un délire hallucinogène, mais que nous ne pouvons que nous résigner à regarder, amorphes, la réalisation de nos idées par des gens plus doués que nous. Moche pour le moral!

Cette révélation se nomme "Siri", le nouvel assistant équipant le dernier iPhone 4S. Siri, le bon génie dont l'effet est aussi transcendant que le mégalithe de "2001 l'odyssée de l'espace". Il nous projette hors du pléistocène vers un monde aux multiples possibles. Pour le moment, il est à peine plus intelligent qu'une Barbie parlante, mais l'idée est là et me semble en mesure de balayer toutes les autres: moteurs de recherche, réseaux sociaux et … e-mails marketing.

Je ne suis pas fan d'Apple. Je n'en ai jamais possédé et je ne rêve pas d'en posséder un jour. Pour moi l'informatique se résume à des écrans noirs défilant des traces tcpdump, des lignes de commandes truffées d'expressions régulières et des stack traces d'exceptions CORBA sur des EJB 2.x. Et puis vint Siri, un concept encore embryonaire de conseiller, capable de nous rassurer, nous amuser, nous dénicher des bons plans. Il s'en suivra certainement un débat sur l'effet manipulateur mais peu importe, l'idée est bien là et l'évolution de la technique lui sera prodiguée en priorité.

Revenons à notre article sur l'histoire de l'email. Vous n'en avez plus envie? Moi non plus!

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